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06 août 2015

Carnet de voyage / Sardaigne : Enola Gay

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Dans quel esprit suffisamment inconscient avait pu naître l'idée de donner à une boutique de mode le nom du bombardier B-29 qui largua la bombe atomique sur Hiroshima le 6 août 1945 ? Au cas où le client n'aurait pas fait le rapport, des images de l'avion accompagnaient les sinistres lettres inscrites en gros caractères sur la vitre. Enola Gay est aussi le nom de la mère du colonel Paul Tibbets qui « baptisa » ainsi son B-29 en une délicate attention, d'un goût aussi sûr que celui dont fit preuve le marchand de jeans.

Il faisait beau dans les rues d'Alghero ce jour-là, comme le 6 août 1945, et je dois dire que cette enseigne stupide suffit à assombrir un moment (dérisoire) mes pensées. Je ne pus que m'éloigner en souhaitant une faillite rapide à ce commerce et j'aime à songer aujourd'hui que mon voeu fut exaucé car durant mon dernier séjour à Alghero, je pus constater la disparition d'Enola Gay au profit d'une autre échoppe au nom plus engageant.

(Extrait de mon recueil de carnets de voyages en Italie)

04 août 2015

Carnet / Réac

Au rayon livres de l’Uniprix du coin, un titre qui retient mon regard : Du bonheur d’être réac de Denis Tillinac. Envie de lire ce petit livre. Je le trouverai facilement en occasion. Je n’achète les essais et les témoignages (vite périmés) qu’en occasion ou en poche mais je suis bien de l’avis de Tillinac même si je suis loin de ses amitiés politiques, être réac, quel bonheur !

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Le nec plus ultra : leur siffler sous le nez toute la bouteille de vin bio et les finir avec un cigare bien brutal !

23 juillet 2015

Carnet / En écoutant la pluie d’été

Non, ce n’est pas l’annonce d’un énième match de rugby mais la couverture de la plaquette de la nouvelle saison de spectacles à Oyonnax ! En ce qui concerne le détail, je n’en dirai pas plus que l’an dernier à propos de la saison précédente si ce n’est qu’une telle sélection donnerait presque raison aux esprits chagrins (dont je ne suis pas) jadis opposés à la construction du centre culturel Aragon et qui pensaient il y a trente ans qu’une salle des fêtes suffisait à une ville comme Oyonnax. Mais à quoi bon tirer sur une ambulance ?

cubacigar_020.jpgAprès l’orage, quand le vent a cessé, j’ai fumé un Fonseca n°1 (format Cazadores) sur le pas de la porte en écoutant la pluie nocturne rafraîchissante. Un cigare un peu trop serré au tirage cependant acceptable, peu expressif au départ pour un havane et un peu piquant sur la fin. Pour remédier à cet inconvénient, il suffit de souffler sur le cigare en direction d’une flamme d’allumette ou de briquet, ce qui permet de brûler l’excès des gaz de combustion concentrés et de regagner ainsi en saveur.

Toujours avide de petites escapades en Europe mais préférant voyager hors saison, je me suis dépaysé en écoutant plusieurs versions des Pins de Rome, le poème symphonique d’Ottorino Respighi. Aucune n’a surpassé ma préférée, celle d’Eugène Ormandy à la direction de l’Orchestre de Philadelphie, un enregistrement des années 7O.

AON Fl??te et Orgue 2015-aff.A3+A4.mail - copie.jpegJe me réjouis à l’avance d’écouter vendredi Olivier Leguay interpréter des œuvres de César Franck et Franz Liszt à l’orgue Nicolas Antoine Lété de l’abbatiale de Nantua lors d’un concert au profit de la restauration prochaine de cet instrument. À l’affiche également, la flûtiste Sophie Misslin qui interprétera des œuvres de Locatelli, Telemann et Bach.

Lecture, musique, cigares, promenade, les petits plaisirs sont là pour rappeler que le bonheur va vite et que le malheur prend son temps. Mieux vaut ne pas l’oublier.